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![]() " Bleu & Caetera " Du 28 septembre au 28 octobre 2007 |
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Au moment où se déroule la FIAC, Noël Pasquier expose à la Maison des Arts de Châtillon.
L’œuvre prolifique de Noël Pasquier n’est pas, dispersion, mais éclosion de forces concomitantes au sein d’une activité de peintre menée sans failles depuis quarante ans. Les peintures réunies ici sont l’expression d’une vitalité particulière dont l’expression intériorisée est à chercher en partie dans une pratique musicale, partagée avec son ami Serge Gainsbourg au temps de la Cité des Arts. Cette proximité a laissé des traces sensibles dans sa peinture, telles ses empreintes à rebours d’une mémoire en prise sur une œuvre toujours reconduite. Il y a d’abord le rythme, qui induit chaque composition, indissociable d’une dynamique qui amènera l’artiste à s’éloigner du plan et à sortir du mur pour s’emparer différemment de l’espace. L’art monumental a ses lois qui lui font appréhender la couleur, la lumière, le mouvement pour une exploration des matériaux et des techniques dans une approche protéiforme dont témoignera le Festival d’art total créé par Pasquier en 1967. Ses activités, déployées au sein d’une hiérarchie qu’il bouscule, dans sa volonté de renouer avec l’esprit de la Renaissance, sont celles d’un créateur engagé. Rêver d’embellir notre environnement quotidien, revient à imaginer la peinture autrement.
Sa longue série de commandes publiques réalisées à partir des années soixante-dix démontre clairement une démarche dont les étapes affrontent les contraintes, interrogent les possibles solutions. Son travail passe par des maquettes, dont les séquences qui se laissent déchiffrer telles des portées musicales, nous permettent de suivre le projet jusqu’à sa phase terminale. On y lit l’origine de son travail modulaire où l’assemblage des éléments offerts à une constante métamorphose interroge les formes géométriques pour fondre son langage.
Dans un déploiement formel où le geste a sa part identitaire, Pasquier est passé insensiblement de la figuration allusive à l’abstraction. Sans nier la part dévolue au cubisme auquel il a garde de ne pas s’attarder, Pasquier se constitue un répertoire de formes simples, rectilignes ou cursives, dont l’efficacité est redevable autant à son émotion gestuelle qu’à une mémoire sérielle en prise sur une expérience corporelle.
Lentement mûri, réfléchi, médité, l’œuvre s’est imposé grâce à une inventivité qui lui a fait expérimenter la performance publique au centre Pompidou, à l’Espace Cardin, à Sciences Po.
Au commencement était la peinture. Pasquier ne la renie jamais. Elle est à l’origine de tous ses travaux, et l’accompagne tout au long de ses expérimentations, qu’il s’agisse des carrés de papiers peints découpés et peints aux carreaux travaillés sur verre émaillé, destinés aux projections lumineuses, aux plaques et aux totems en lave émaillée qui se retrouvent dans les tapisseries d’Aubusson, dans les sculptures. Chaque installation se nourrit des acquis plastiques précédents. Leurs interférences fécondent le lyrisme de son geste en osmose avec la matière, une sève dont son pinceau épand sensuellement les signes volontairement inscrits pour une saisie visuelle qui transmet à sa peinture toute l’intimité de sa chair.
La peinture tisse son histoire, met au jour les émotions tapies dans l’attente de consonances ou de dissonances tout aussi subtiles. Par rafales, les forces primordiales émergent des formes franches, élémentaires, dans leur évidence plastique et chromatique. La couleur, pure, reste à l’écoute des vagues internes, des soubresauts sauvages, des fulgurances sonores, qu’endigue une rigueur, jamais prise en défaut.
La peinture de Pasquier puise son ferment dans la poésie de la couleur en convoquant la liberté. La liberté, maître mot d’un engagement ouvert sur l’avenir. La couleur vibre de la lumière et du mouvement, s’incarne dans ces formes superposées, fractionnées, qui ondulent et se cabrent, s’arrondissent, se rompent, suivant un schéma riche en significations pour affirmer une création dans laquelle la forme, la matière, la lumière, la couleur mettent en abyme le sujet. L’acte jubilatoire de Pasquier est porté par une intuition infaillible. Entre la pensée et les sens, la raison et l’instinct qui le fait incliner vers une couleur – un bleu emblématique, au point que l’on pourrait parler d’un bleu Pasquier, bleu unitaire, bleu édénique et de l’extase, celui de la joie originelle.
Un bémol est apporté dans ce classicisme aux frontières de l’onirisme, celui de la récente série en noir majeur sur papier. Le temps impose sa battue dont Pasquier n’omet pas les exigences. Les règles de l’équilibre n’ont pas été profanées. La toile est une aire où se livre un combat loyal entre l’audace et la permanence d’une tradition, toujours ouverte à la transposition, pour questionner la vie. Noël Pasquier s’ouvre à toutes les interrogations, porté par une intériorité dont il tente la transfiguration par la forme et la couleur. Lydia Harambourg - Mai 2007 |
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"Sérénade"
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"Air de repos" |
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"Floraison" diptyque 100 x 200 partie gauche
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"Floraison" diptyque 100 x 200 partie droite |
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"Bâche" mixte 3,60 x 2,80 |
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performance publique, Centre Pompidou 2006 |
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Site : http://www.noel-pasquier.com |