"Voyage dans les paysages d'Alfred Manessier"  
     

du 11 mars au 8 mai 2005

       
 

 
   
   
   
   
   

Port nordique (Amsterdam) - 1973 - aquarelle sur papier - 28 x 76 cm

 
         
         
         
         
Choix d’œuvres sur papier et sur toile, 1973 - 1993

 

Des marais de son enfance picarde à son ultime aquarelle crépusculaire peinte dans son petit atelier clamartois d’où il apercevait les lumières de Châtillon ; des sables de la baie de Somme à ceux du désert algérien ; des vignes espagnoles aux moissons de la Beauce ; du port d’Amsterdam aux rochers de Bréhat, entre autres… la Maison des Arts de Châtillon proposera - à travers le choix d’œuvres essentiellement sur papier (aquarelles, lavis, pastels…) ponctué de quelques huiles sur toile significatives - un voyage inédit dans l’œuvre d’Alfred Manessier (1911-1993) sur le thème de certains paysages qu’il a particulièrement aimés, de nuit ou de jour, au rythme des saisons, puis transposés en peinture avec tant de bonheur au cours des vingt dernières années de sa vie.

 

Manessier - 1989

L'exposition est organisée en liaison avec l’Association Alfred Manessier et les enfants du peintre Jean-Baptiste et Christine Manessier.    
         
         
         

Le jardin enneigé, de nuit (Clamart) - 1986

Originalité de l'exposition proposée

     

Chaque nouveau lieu d’exposition devrait remplir la mission de faire découvrir autrement les œuvres d’un artiste ou bien dévoiler un pan encore inconnu de son travail. Puisse cette exposition répondre à ce double objectif.

     
L’intimité des cinq pièces (et non des salles) de la Maison des Arts de Châtillon, si chaleureuse, nous a incité à regrouper, dans un ordre volontairement non chronologique, une quarantaine d’œuvres par affinité de cinq sources d’inspiration et en fonction justement de leur caractère intimiste pour la plupart.
     

La conception de cette présente exposition thématique d’un artiste souvent qualifié de « paysagiste abstrait » ou de « peintre de la couleur » a directement été inspirée par la poésie du lieu lui-même, de son cadre et de son environnement, si près de Paris, près d’un parc portant le nom de Matisse, au cœur d’un village construit autour de son église dont Manessier pouvait apercevoir le clocher depuis sa maison de Clamart où il a vécu à la fin de sa vie.

     

Le visiteur accueilli dans une vraie maison aux multiples fenêtres donnant sur le jardin - et non pas dans un lieu culturel impersonnel, aseptisé et souvent trop directif - aura le privilège de pouvoir d’emblée découvrir librement une série d’esquisses et d’études sur papier au pastel ou à l’huile tout à fait inédite et surprenante, en liaison avec le paysage environnant : la banlieue sud de Paris… On entrera même dans la fraîcheur et le charme du dernier jardin du peintre qui aimait tant pratiquer le jardinage pour se détendre.

 Pastel gras  - 36 x 15 cm

     
         
         
         

Présentation de l’artiste

   
         

Reconnu dès 1945 comme l’une des figures majeures de sa génération, Alfred Manessier est né le 5 décembre 1911 en Picardie, à Saint-Ouen, village situé entre Abbeville et Amiens - villes où il passe son enfance et sa jeunesse. Il commence à peindre sur le motif, dès l’âge de douze ans, dans la Baie de Somme, son paysage de prédilection jusqu’à la fin de sa vie.

     

À Paris de 1931 à 1935, il reçoit à l’École nationale des beaux-arts une formation en architecture par obéissance à son père ; parallèlement, sa passion pour la peinture l’attire au Louvre pour copier Rembrandt, Tintoret, Rubens, Renoir…  Le soir, il fréquente certaines Académies libres de Montparnasse, puis l’Académie Ranson. Ses œuvres de jeunesse sont influencées par le Cubisme, puis par le Surréalisme.

     

Manessier - 1973

 

Un service militaire prolongé, les suites du décès de son père en 1936, les débuts de la guerre (mobilisation) l’obligent à délaisser la peinture qu’il peut enfin reprendre à Paris en 1942, un an après l’exposition Vingt Jeunes Peintres de Tradition française, avec Bazaine, Lapicque et les artistes qui imprimeront courageusement pendant l’Occupation un nouveau mouvement de peinture vivante non-figurative et porteuse d’espoir. Après la Libération, sa renommée devient vite internationale (1er Prix de peinture à la Biennale de São Paulo en 1952 ; Grand Prix de peinture de l’Institut Carnegie de Pittsburgh en 1955 ; Grand Prix de peinture de la XXXIe Biennale de Venise en 1962, en même temps que Giacometti pour la sculpture).

Nocturne - Ghardaïa - 1976 - Aquarelle - 57 x 57,7cm

 

     

Peintre à la fois sensible aux lumières du Nord (Baie de Somme, Flandres, Hollande, Canada, Suède), mais aussi aux lumières du Sud (Provence, Espagne, Algérie) et à bien d’autres encore (Beauce, Île-de-France, Banlieue parisienne, Perche, Bretagne, Jura…) ; les transpositions picturales (dessin, lavis d’encre, aquarelle, huile…) des paysages qui l’ont ému personnellement et profondément sont autant d’odes à la nature offertes « en direct » à notre propre émotion.

     

Par ailleurs, Manessier n’a pas eu peur d’exprimer véhémentement dans sa peinture, sa foi de converti et sa révolte face à la souffrance, à l’injustice. Témoin de drames de son temps, il a peint entre autres : Requiem pour Novembre 1956 - Hommage à Martin Luther King, 1968 – Procès de Burgos, 1970-1971 - Vietnam-Vietnam, 1972 - Pour la mère d’un condamné à mort, 1975 - L’Otage, 1987…

     

Premier artiste à avoir eu l’audace en 1948 de poser des vitraux non-figuratifs dans une église (Les Bréseux, Doubs), sa contribution au renouveau de l’Art sacré d’après-guerre est indéniablement prépondérante. De nombreux travaux (vitraux, tapisseries, vêtements liturgiques, costumes de théâtre, mosaïques, émaux, estampes, lithographies, livres illustrés…) complètent abondamment son œuvre peint, dont le catalogue raisonné est en cours d’établissement.

     

Manessier et Dominique Bozzo

(Directeur du musée national d'art moderne)

dans l'atelier d'Emancé en 1988

Six mois après la Rétrospective de son œuvre au Grand-Palais à Paris (7.10.1992-4.01.1993), deux mois après l’inauguration de l’ensemble des vitraux de l’église du Saint-Sépulcre d’Abbeville, la ville de son enfance, il meurt le dimanche 1er août 1993 à la suite d’un accident de voiture et de soins négligés à l’hôpital d’Orléans-La Source.

         
         

Association Manessier - 48, rue Carvès - 92120 Montrouge

         
         

 

Retour "Expositions passées"